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Wednesday, 03 August 2016 18:11

Appellations Mepristantes & Injurieuses

Notre Guide Linguistique d’Auto-Défense Contre l’Antisémitisme se donne pour objectif d’identifier et de faire face aux manipulations en cas de propos antisémites. Tout en nous appuyant sur des exemples réels recensés par les observateurs de Get the Trolls Out, nous mettons en lumière les subtiles technique du discours antisémite, alliant rhétorique, appel à la haine et à la discrimination envers les Juifs. 

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Par Anna Szilagyi

Les mots que nous employons pour désigner d’autres personnes peuvent avoir des répercussions importantes. Dans le cas du discours antisémite, les références faites à l’égard du peuple juif sont méprisantes et injurieuses. La liste des mots péjoratifs utilisés à leur égard est presque sans fin. Vous trouverez dans cet article les stratégies rhétoriques les plus répandues et les plus manipulatrices utilisées par les agresseurs antisémites. 

Emploi de mots familiers inappropriés 

Le plus souvent, les agresseurs emploient des termes injurieux. En décembre dernier par exemple, lors d’une émission de radio au Royaume-Uni, un auditeur a fait référence aux Juifs orthodoxes comme : « les gars avec les chapeaux et les bouclettes ». Au lieu d’identifier les Juifs orthodoxes en employant une terminologie plus adéquate relevant du milieu religieux, l’auditeur a utilisé un registre de langue familier, des mots informels (« gars »), et les a qualifiés selon sa propre perception, en offrant une comparaison généraliste et réductive. Il s’agit d’un cas de profanation : les Juifs orthodoxes, et plus globalement le judaïsme, sont dénigrés d’une manière irrespectueuse et stéréotypée.

Métonymies

Encore au Royaume-Uni, quelques mois plus tard, en février 2016, Alex Chalmers, le co-président du Club Travailliste de l’Université d’Oxford (OULC), a démissionné après avoir dénoncé la présence significative d’antisémites parmi les membres du club. Dans un poste Facebook, il a donné des exemples de comportements antisémites qu’il a pu observer au sein du club. Parmi ceux-ci, on peut lire : « dire à tout va le mot « sio » (un terme souvent utilisé pour désigner les Juifs dans des sites gérés par le Ku Klux Klan) ». 

« Sio » (« Zio ») est l’abréviation de « sioniste » (« Zionist »). Dans les discours haineux à l’égard des Juifs, les termes « sioniste » et « sio » fonctionnent comme des métonymies. Lorsque les agresseurs emploient cette figure de style, ils remplacent un concept par un autre avec lequel il est mis en rapport. Dans l’actualité il n’est pas rare de faire référence à la « Maison Blanche » pour parler du président américain, ou de « Beijing » pour désigner le gouvernement chinois, par exemple. Alors que l’adjectif « sioniste » n’est pas péjoratif – il désigne une personne favorable à l’Etat juif indépendant d’Israël, dans les discours antisémites, les termes « sioniste » et « sio » font en réalité référence à la communauté juive dans son ensemble. Les agresseurs se servent de ce procédé rhétorique pour présenter leur haine envers les Juifs comme une critique légitime du sionisme. 

Abréviations 

La forme abrégée « sio » a également une connotation péjorative. Les abréviations relèvent souvent du registre familier et expriment généralement l’informalité. Cependant, dans les discours haineux envers les Juifs ou dans lesquels sont exprimées d’autres formes de racisme, le recours aux abréviations s’effectue fréquemment de manière abusive. Comme dans le cas de « sio », les abréviations induisent un manque de respect délibéré. Ici, l’intention des agresseurs était de brimer la dignité des personnes à qui ils faisaient référence. 

Métaphores

Comme l’a démontré un récent incident en Grèce, les métonymies ne sont pas les seules figures de style pouvant être utilisées dans le cadre d’interpellations méprisantes et injurieuses. En janvier 2016, un militant politique grec a affirmé dans un article de blog que les Juifs étaient en train de fuir les Etats-Unis et l’Europe pour gagner l’Etat d’Israël après avoir généré des conflits nationaux et encouragé le terrorisme. Evoquant les stéréotypes antisémites du complot mondial des Juifs, de leur cynisme et de leur lâcheté, l’auteur de l’article a ajouté : « Ces rats sont en train de quitter le navire en détresse ». Ici, l’auteur emploie une métaphore pour se référer aux Juifs, ce qui lui permet de dissimuler les vrais sujets du message. Les métaphores sont des éléments de communication qui doivent être utilisés avec prudence. En utilisant le mot « rats » pour désigner les Juifs, l’auteur du poste suggère que les Juifs ne sont pas humains et cherche à faire naître un sentiment de dégoût chez ses lecteurs. Les nazis, comme d’autres régimes génocidaires, comparent fréquemment leurs victimes à des animaux que l’on associe à la saleté, à des maladies ou qui peuvent faire office de nourriture. Cela leur permet de représenter l’horreur du génocide avec des termes rationnels, le légitimant tel un « pesticide » nécessaire pour la société. 

Il convient de rester prudent  lorsqu’une personne fait référence à des Juifs ou à d’autres personnes de manière imagée ou détournée. Ces appellations peuvent être injurieuses, blesser les personnes en question, et encourager la discrimination et la violence à leur égard.

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